Evacuation (1ere partie).

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Ca fait un moment que j’ai pas écrit et quelquefois je me fais l’effet de ne venir que pour déverser le trop plein d’angoisse .

En même temps , ce blog est avant tout centré sur ma transition et je n’avais rien de bien neuf à raconter. Je pourrais aussi, et pour une fois, faire un article hyper positif sur les gens adorables , qui , dans les différentes administrations , ont été juste parfaits (et oui y’en a pas mal, en tout cas ici ) mais je me bats encore avec l’idée de pas porter aux nues les restes d’une simple humanité. Ce que je veux dire c’est que ça ne devrait pas être incroyable de ne pas être transphobe ou homophobe ou juste d’être compréhensif, mais je ne sais pas, en ce moment j’ai presque envie de les embrasser, les gens moins cons que la moyenne.

Bref , la prochaine fois , si je me sens d’humeur bisounours ou que j’ai pris du migralgine avec de l’alcool, je ferais un article sur ces comportements qui font du bien, à titre d’exemple de comment ça devrait être, mais aussi pour éviter de vous foutre le moral à Z.

 

Revenons à ma journée.

Donc je vais à ma formation ce matin.

Assez bizarrement, depuis quelques mois que j’y suis, le débat autour du mariage homo avait l’air de complètement leur passer à côté, à mes collègues.

J’en étais venu a me dire que ça pourrait être supportable, j’avais mis en place mes stratégies journalières, pour  écouter le moins possible raconter leur conneries sexistes et homophobes, pour m’aménager des pauses dans la journée, pour me rapprocher des plus vieux. Ne subissant plus (je ne sais pas trop pourquoi) les vieilles vannes homophobes directes d’un de mes collègue, je commençais à me dire que c’était faisable.

Ce matin, J. décide de donner son avis sur le mariage homo (alors que personne ne lui demande, évidemment).

–  » Alors moi je comprend pas que cette loi soit passée alors que tous les gens que je connais sont contre. De toute façon je m’en fous, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, qu’ils se marient si ils veulent du moment qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des enfants! Parce que quand même c’est bien dégeulasse. Imagine, les enfants qui les voient s’embrasser… »

Et là, c’est parti pendant facile une heure, ou presque, tous mes collègues ont exprimé ce qu’ils feraient à deux homo qui s’embrasseraient devant leurs enfants.

Et c’est parti… de comment leur péter les genoux pour qu’ils ne  puissent plus se tenir debout mais que ça serait encore trop facile pour sucer, à l’utilisation d’un tournevis dans l’anus jusqu’à la clé à molette pour tordre les couilles, ça a été un festival de rigolade pour eux, parce que OUI, ils étaient fiers d’avoir de bonnes idées.

Nous sommes 10 dans ma section, 2 n’étaient pas là, 7 se marraient.

Et j’enregistrais dans ma tête, même si je ne voulais pas.

On est passé en mode concentré pour réaliser un schéma. Les lignes devenaient troubles, j’avais la nausée. Je suis rentré chez moi, je n’ai pas pu manger.

J’y suis retourné l’après-midi, je me suis enfermé mentalement dans ma cabine, j’ai avancé lentement dans mon travail, en prenant soin de ne parler à personne.

 

 

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