Ça fait 5 ans maintenant

Témoignage paru dans le TransKind N°7

http://transkind.wordpress.com/2014/04/05/transkind-n7/

 

 

J’ai 35 ans et je ne suis pas proche de mes parents.

 

Aucun rapport avec ma transition, simplement, je ne me sens pas « intime » avec eux, je ne pense pas qu’ils me connaissent vraiment.

 

Je ne sais pas d’où ça vient exactement, j’ai très peu de souvenirs avant mes onze ans, mais à l’adolescence, la distance est devenue un mur parce qu’il n’y avait pas la place pour que je leur parle de moi et depuis il n’y en a toujours pas.

 

Mes grand-parents sont morts, je n’ai plus de contact avec mes oncles et tantes depuis, je ne connais pas vraiment très bien mes frères et ma sœur issus d’un autre mariage de ma mère, puisque je n’ai pas vraiment grandi avec eux et qu’ils sont partis (je suis le plus jeune).

 

C’est toujours bizarre pour moi quand on me pose des questions sur ma famille par rapport au fait que je sois trans.

Je ne me sens pas de me plaindre vraiment parce qu’ils ne m’ont pas exclus comme tant d’autres trans que je connais, ils n’ont rien dit de vraiment horrible, n’ont pas posé de questions gênantes, d’ailleurs ils n’ont pas posé de questions du tout.

 

Dans les faits, mes parents assurent une sorte de service minimum d’après moi.

Par conséquence je ne trouve aucune raison de rompre le contact, mais je trouve que notre relation n’évolue tellement pas qu’elle est juste pesante.

 

 

A 20 ans j’ai dit à mes parents que je préférais les filles (en tant que fille), je le savais déjà depuis mes 16, ça s’est pas trop mal passé, ma mère a pleuré en mode « qu’est-ce que j’ai fait ? » et mon père a changé de sujet. Mais après ils ont accepté mes petites amies (surtout si elles n’étaient pas trop masculines…)

 

A 30 ans, j’habitais à Paris, mes parents toujours à Tours.

J’ ai voulu faire mon coming out en tant que trans, et puis je me suis dégonflé, j’ai complètement flippé, j’ai eu un peu une réaction étrange et à la place je leur ai dit que j’avais joué dans un porno (ouais je sais… en même temps c’était vrai hein), mon père m’a demandé si j’avais été payé (pragmatique jusqu’au bout) et ma mère a eu un silence (avec un regard un peu choqué tout de même).

 

Finalement je leur ai dit en septembre de cette année-là, je prenais de la testo depuis mars, je me bindais depuis 2 ans. J’ai pas voulu porter leurs angoisses ou leurs interrogations parce que j’avais décidé que je n’avais pas besoin de ça à ce moment là et que je n’avais pas à répondre à leurs doutes ou leurs possibles espoirs déçus.

 

Je leur ai donc dis par mail. J’ai essayé de choisir des mots simples mais qui me correspondaient, sans passer par « je suis un garçon… né dans le mauvais corps… » vu que ce n’est pas ce qui m’allait, sans passer non plus par une explication des multiples identités vu que je ne pense pas que c’était (ou c’est encore) à leur portée.

 

Ça donnait un peu ça :

 

« Je suis en pleine transition. C’est a dire que j évolue vers un genre masculin plus apparent.
Je suis suivi par une thérapeute et un endocrinologue qui s’occupent très bien de moi et me
font suivre un traitement a base d hormones ( testosterone).
Ce qui explique les changements physiques que vous pourrez constater.
Pour mettre des mots sur cette brève explication : je suis trans’ . »

 

Il n’a pas eu de réaction négative, il n’ y a pas eu de questions non plus.

J’ai commencé à leur demander de m’appeler par mon prénom choisis peu de temps après.

 

 

Ca fait 5 ans maintenant.

Et rien n’a vraiment changé. Je m’interroge souvent sur le fait que je vive à distance n’aide pas et comment je pourrais leur faire comprendre, mais je leur en veux aussi de ne pas faire plus d’effort pour se renseigner.

Je leur ai demandé un témoignage pour mon changement d’état civil, et ne les ai pas orienté pour savoir ou ils en étaient, ils utilisent dedans mon prénom féminin mal accordé avec des adjectifs masculins qui ressemblent plus a des lapsus qu’ a une volonté de leur part.

 

Je vais une ou deux fois maximum par an chez mes parents, et rarement plus de 4 heures, parce que je trouve ça assez insupportable.

 

J’ai beaucoup changé physiquement, j’ai de la barbe maintenant, j’ai obtenu mon changement d’état civil il y a 1 an.

Mais rien ne change, quelquefois je trouve que c’est même pire.

Les efforts un peu ratés, mais bien soulignés, de ma mère pour m’appeler par mon prénom choisis, qui me paraissaient au début un bon signe, sont maintenant pour moi vraiment problématiques.

 

Après 5 ans elle se trompe toujours à peu près une fois sur deux, mon père déploît des efforts intenses pour ne pas me genrer du tout mais il se loupe souvent.

 

J’ai beaucoup de mal à les reprendre, et la dernière fois que je l’ai fait, ma mère a ri en mode « ohh c’est bon, hein, y’a pas mort d’homme… »

 

 

Je les ai, par hasard, entendu parler de moi, en dehors de ma présence, et le féminin est totale, donc j’ai très peu d’espoir que ça s’améliore.

 

Et enfin bien sûr, ils me croient hétéro, il me semble qu’il me reste un coming out à faire ( probablement noël prochain).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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De la violence (physique)

C’est un gros sujet pour moi. Je suis pas sûr de maîtriser les enjeux politiques et tout ça… mais bon je me lançe.

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Mes parents m’ont toujours dit : « Ne reponds pas ».

C’était à toutes les sauces, un reproche, une remarque, une explication… c’était super mal venu de répondre.

Parce que j’étais perçu comme une fille? Oui sûrement, oui peut être, ou juste un enfant qui ne doit pas rentrer dans un débat avec ses parents.

Résultat, on a jamais vraiment réussis avoir une quelconque discussion, tout était faussé par cette règle immuable.

Même encore maintenant j’y arrive pas.

J’ai fait du basket féminin de mes 8 ans à mes 16 ans et croyez moi, c’etait pas tendre, les coups pleuvaient.

Et puis j’ai eu 18 ans un jour et j’ai connu le milieu lesbien d’un bar de province, ou la plupart des personnes évoluants dans ce milieu avait le double de mon âge.

La plupart des soirées se finissaient mal, bien souvent à l’hôpital, ou les lesbiennes infirmières assuraient le suivi des histoires et des gossips ( C’est grâce à l’une d’entre elle une fois que j’ai appris que ma mère avait été hospitalisée, alors qu’elle n’avait pas pris la peine de me l’apprendre).

Bref.

Moi j’étais vraiment dans ma période Gandhi, j’avais lu les bouquins, j’avais vu le film, et je croyais grave qu’en ne réagissant pas face à la violence, je pouvais changer les choses. Du coup, j’avais eu quelques conflits, ou je m’étais laissé frappé en attendant que ça s’arrête, en pensant vraiment que jouer le jeu de la violence, c’était rentrer dans un jeu que je n’acceptais pas, et qu’en refusant d’y jouer je le désamorçais.

Mais avec un peu de recul, je m’aperçois que je suis incapable de me défendre physiquement, que même si j’essaye de participer a des ateliers d’auto-défense verbale (enfin un), je ne serais pas plus capable d’amorcer un geste physique, qu’on me renvoit régulièrement que les trans FT* et FTM sont des gentils et c’est pour ça qu’on les aime…

Que la dernière fois ou j’aurais aimé frappé quelqu’un, il a désamorcé le truc en me renvoyant mon statut de trans dans la gueule, que la testo et ses effets agressifs c’était bon et puis que je n’avais pas besoin de ça pour « surjouer la virilité » qu’il fallait que j’arrête d’être menaçant parce que a ce que j’ai compris ce n’était pas ma place, ce n’était pas mon rôle.

J’en peux plus des personnes qui me disent de garder mon calme, que ça ne sert a rien, qu’en répliquant on ne fait que jouer leur jeu. Accorde moi le crédit de s’avoir ce que je fais. Si je peux rentrer chez moi avec l’idée défoulante d’avoir pu taper un connard, c’est vraiment pas si mal en fait. Ouais des fois ça sert a rien, des fois ça fait juste du bien, mais vraiment c’est pas si mal.

Je me dis juste que le prochain , il prendra pour tous les autres.

Et j’espère que mes amiEs présentEs ne me diront pas de me retenir.

Etre unE bonNE alliéE

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C’est bientôt l’Existrans, la marche des trans, des intersexes et de leur alliéEs et tu te demandes (si tu n’es pas trans et pas intersexe) si tu te considères comme unE bonNE alliéE, et bien tu sais quoi?

Si tu es capable de ne pas parler à notre place, tu peux le faire!

Je vais sortir de moi-même pendant 5 minutes et faire des efforts de pédagogie que normalement je ne devrais pas faire, parce qu’il me semble que tu devrais avoir compris ça depuis fort longtemps.

1) EDUQUE TOI

Ce qui veut dire que je n’ai rien a t’expliquer, que tu peux le faire toutE seulE et que je ne te dois rien.

(c’est bon y’a internet maintenant et si tu comprends pas que les trans sont mieux placéEs que les autres pour parler de leur vécus et de leurs revendications, abandonne tout de suite et maintenant)

2) FERME TA GUEULE

Ouais c’est vrai je pourrais être plus diplomate, mais je ne le suis pas. Et j’ai le droit aussi.

Ce qui veut dire que

a) dans une situation ou des trans sont présents, ne prends pas la parole pour parler de trans

b) dans une situation ou des trans sont absents (entre cis, enfin tu présupposes) bottes en touche et rappelle que personne n’est légitime pour parler en leurs noms. Il y’ a maintenant suffisamment d asso et de collectifs pour pouvoir se passer de ton avis de cis.

(toi même tu sais que les arguments type : « je connais suffisamment de trans, je suis sortie avec des trans/un trans » ne sont pas des arguments légitimes)

3) OUI, TU AS DES QUESTIONS, mais j’en ai rien a foutre.

Eduque toi, par des liens, des textes,des rencontres, des conférences, mais ne vient pas me les poser, car tu présupposerais que je suis là pour y répondre et ce n’est pas le but de ma vie tu vois.

4) OUI DES FOIS ON AIME QUE NOS AMIES CIS NOUS SOUTIENNENT et viennent a l’Existrans par exemple, ou juste soient là, pas loin, et c’est cool, on les aime grave parce qu’ils ou elles nous montrent du soutien,  mais on sait qu’ils ou elles ne diront pas un truc du genre « on est tous un peu trans tu sais », parce que ce n’est pas vrai.

5) DIRE QU’ON EST LGBTQI ou transpédégouine (attaché et c’est voulu), non ce n’est pas suffisant pour prendre la parole (spéciale dédicace)

Ce que tu entends par ta communauté, ce n’est pas obligatoirement ce que j’entends par la mienne. Et de plus les combats sont spécifiques, si tu refuses de le reconnaître, je pense que tu as un problème dans ta façon d’être en politique.

6) Est-ce que tu as remarqué que cet article s’applique a pas mal de luttes?

« Fin de transition »

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Depuis mon changement d’état civil, on m’a beaucoup renvoyé le fait que j’avais fini ma transition, que c’était bon, que j’allais être tranquille, que tout allait être simple maintenant pour moi.

Je suppose que moi aussi, depuis des années, j’avais fini par me le dire, je m’étais tellement concentré sur ce que je voulais, une voix basse, un torse, une barbe, des papiers au bon prénom, des personnes autour de moi qui ne remettent pas en cause mon identité. Je me fixais des buts clairs et tout était déjà compliqué pour les atteindre.

Je me disais qu’après, on ne se tromperait plus en s’adressant à moi, que chaque aller et retour dans une administration ne me coûterait plus, que mes relations sexuelles et amoureuses seraient plus simples parce que je serais en paix avec moi-même.

Attention, je sais parfaitement le privilège que j’ai en tant que trans d’avoir eu mon changement d’état civil sans hystérectomie de façon aussi simple et rapide, alors que dans d’autres villes de France et d’autres pays, des trans se suicident encore ou se font agresser ou tuer. Je n’oublie pas.

C’est juste que tout ne s’est pas résolu comme par magie avec une carte d’identité qui me ressemble un peu plus.

Je n’ai jamais vraiment cru non plus qu’il y’ avait un début très net et une fin définitive avec, comme certaines personnes semblent le penser, des étapes obligatoires dans un ordre très strict.

Concrètement , état des lieux:

Médical:

Je fais mes injections tous les 18 jours en ce moment, je n’ai aucun problème a les faire moi-même, j’aime plutôt ça, ce petit rituel, je n’ai jamais mal.

Je suis un peu en retard sur mes examens sanguins mais j’essaye de les faire tous les 6 mois.

Je déteste ça, mais m’oblige a faire une échographie externe tous les ans. Surtout depuis qu’on me répète de tous les côtés, (une information qui n’a l’air de venir de nulle part) qu’ au bout de 5 ans de testo sans hysté, les risques de cancer aux ovaires sont super élevés. 5 ans, ça sera l’année prochaine, on verra bien.

Je ne pense à aucune autre opération chirurgicale.

Je ne peux toujours pas aller voir une gynéco, (oui c’est mal), mais c’est comme ça. Et il ou elle pourrait être aussi transfriendly que possible que je n’irais toujours pas.

J’ai réalisé dernièrement que je n’avais plus aucune angoisse quand je vais chez le/la généraliste ou l’ endoc ou n’importe quelLE professionnelLE médicale. Pourquoi? Parce que je n’y crois plus du tout, que ce sont tous et toutes des idiotEs pour moi, qu’au mieux ielles seront sympa mais incompétentEs, qu’il n’y a AUCUNE autre personne spécialiste de ma transition ou de mon corps que moi, et qu’à partir du moment où ils ou elles ne font pas preuve d’humilité sur ce sujet (ce qui n’arrive jamais), il n’y aura pas de relation de confiance entre nous. Je pense de toute façon, avec les renseignements que j’ai pu trouvé et les échanges avec les autres trans, que j’en sais plus qu’eux/elles, en tout cas sur ce qui touche à ma transition.

Familiale (famille de sang):

Bon là c’est le bordel non-autogéré (parce qu’un bordel auto-géré ça peut être cool), j’avais pensé à un moment que y’ avait une sorte de progrès même minime, mais je vois bien que non. Mon père évite de me nommer et quand il le fait il se plante.

Ma mère essaye une fois sur deux, mais quand je la reprend elle rigole alors que je fais la gueule. De plus je les ai entendu parler de moi entre eux, tout était au féminin donc je ne vois pas comment ça peut s’arranger.

Récemment ma mère a fait allusion a la sexualité présupposée d’une personne en parlant de « mon équipe » (trad: lesbienne aux cheveux courts) et elle m’a aussi demandé si j’avais une copine, ce qui m’a fait me demander ou j’en étais de mes coming out.

Je crois que je n’ai pas l’ energie pour y aller plus d’une fois par an et encore que quelques heures.

Je lui ai demandé il y’ a une semaine d’aller faire changer le livret de famille à la mairie sous prétexte que c’était une obligation légale, mais en vrai c’était surtout pour la faire chier.

On peut pas dire qu’il y’ a d’autres membres de ma famille à qui je parle, donc voilà.

Travail:

J’ai arrêté ma formation, trop de trucs a supporter au quotidien (décrits dans d’autres articles), les soucis perso accumulés ont faits que je ne pouvais pas continuer.

Je vais bientôt être au RSA / ASS. Je sais que je pourrais postuler pour d’autres emplois, mais je me pose des questions sur le fait d’être vraiment quelqu’un d’assez stable pour pouvoir m’occuper d’autres personnes dans leur quotidien ( ADV ), et les interactions réelles (non-virtuelles) avec des inconnuEs me posent de plus en plus de difficultés.

AmiEs/Amours:

Je ne vais pas m’étendre là, parce que voilà, c’est pas mon genre sur internet. Mais les choses ne sont pas vraiment plus simples. Certains problèmes que j’avais avant ma transition ne se sont pas résolus, au contraire, c’est comme si ils prenaient l’espace maintenant. Plus les blessures qui se sont accumulées en rapport avec la transphobie qui m’ont rendu plus méfiant, plus cynique. La bonne chose étant que je fais le tri maintenant, que j’apprends a dire « non, ça ne me convient pas », que oui ça me rend pas très aimable, et plutôt grognon et cynique, mais je prends du recul avec le fait de vouloir être aimé de n’importe qui et d’être validé par n’importe qui. Evidemment c’est plus dur avec les proches, et de temps en temps, je disparais juste parce qu’on ne peut pas être courageux tout le temps.

Alcool:

Ce n’est pas fini, et ça ne le sera peut être jamais. Mais je prends du recul a chaque fois que j’arrête de boire et je sais que je peux être fort.

Administratif:

Malgré le fait que j’ai envoyé mon compte-rendu de jugement et mon extrait d’acte de naissance modifié a à peu près toutes les instances et ça depuis des mois, je continue a recevoir des courriers a mon ancien prénom, et aussi des trucs genre « Mr Nomdefamille Prénom Féminin » , il faut aussi toujours fournir le jugement pour des papiers qui remontent aux années précédentes pour maintenant justifier que la personne nommée avant c’est bien moi maintenant.

Mentir à propos de son CV…

Finalement, je ne peux pas dissocier ma transition et ce que je suis maintenant, ce que je vis. Je n’ai pas l’impression d’avoir arrêté de réfléchir à ça, ni à qui je veux être. Je n’ai en aucun cas l’impression d’avoir achevé quelque chose, comme je n’ai pas senti avoir commencé a y réfléchir, vu que c’était là avant, sous-jacent, depuis combien de temps je ne sais pas.

En tout cas, si par « fin de transition » on entend une affirmation sociale, je n’ai pas encore l’impression que je touche du doigt ce que moi j’y entend.

Aidez une femme trans à fuir son pays pour survivre

English version below / Deutsch weiter unten / Español abajo

Nous sommes actuellement à la recherche de soutien financier pour une femme trans qui tente de quitter son pays suite à des persécutions transphobes. Un traitement d’hormones mâles et des électrochocs lui ont été administrés de force par sa famille, elle a été harcelée sexuellement et frappée par des personnes qui connaissaient son identité. Elle est actuellement menacée d’être renvoyée dans son pays où elle risque la prison ou la peine de mort.
Nous ne pouvons en dire plus pour des raisons de sécurité. Nous pourrons donner davantage d’informations dans les semaines à venir lorsque la vie de la jeune femme ne sera plus en danger. Elle essaye en ce moment de rejoindre un pays où elle obtiendra l’asile politique et sera en sécurité.
Pour cela, nous avons besoin urgemment de lever des fonds pour couvrir les dépenses nécessaires à la fuite de cette jeune femme. Le moindre don sera utile. Les besoins s’élèvent environ à 2000€ ou 3000€.

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ENGLISH

We are currently looking for financial help for a trans woman trying to flee her country because of transphobic persecution. A male hormones treatment was forced upon her by her familly, she was sexually harassed and hit by people who knew about her identity. She is right now threatened to be sent back to her country where she risks a prison or death penalty.
We currently can’t say much more for safety reasons, but we will be able to do so in a few weeks when her life will no longer be endangered. She is trying to reach a country where she can be safe and get political asylum.
For this, we have the most urgent need of fundraisin to cover the necessary expenses for this young woman’s flight. Every penny counts. The approximated cost is around €2000 and € 3000.

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DEUTSCH

Wir sind eine Gruppe von Einzelpersonen, bestehend aus /weißen/ und POC aus verschiedenen Ländern, die sich als Bündnis solidarisch zeigen wollen.

Wir sind auf der Suche nach finanzieller Unterstützung für eine Trans*Frau, die ihr Land wegen transphober Verfolgung dringend verlassen muss. Eine Zwangsbehandlung mit männlichen Hormonen wurde bei ihr durchgeführt, sie wurde sexuell missbraucht und von Menschen geschlagen, die von ihr wussten. Im Augenblick ist sie der Gefahr ausgesetzt, in ihr Land zurück geschickt zu werden, wo sie im Gefängnis landen und/oder höchstwahrscheinlich zum Tode verurteilt werden würde. Momentan können wir aus Sicherheitsgründen keine weiteren Details erzählen, aber sobald ihr Leben nicht mehr gefährdet ist, werden wir genauer darüber berichten. Nun versucht sie, in ein Land zu flüchten, wo sie in Sicherheit leben und politisches Asyl erhalten kann.

Dafür brauchen wir dringend Geld, um die Kosten, die während der Flucht entstehen, zu decken. Jeder Cent zählt. Die Kosten werden sich voraussichtlich auf € 2000 bis € 3000 belaufen. 

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ESPAÑOL

En estos momentos estamos buscando ayuda económica para una mujer trans
que está intentando dejar su país donde sufre una persecución tránsfoba.
Su familia la forzó a tomar hormonas masculinas, y gente que sabía de su
identidad la acosó sexualmente y golpeó. Ahora se enfrenta a la amenaza de
ser enviada de vuelta a su país, donde se arriesga a ir a prisión o ser
condenada a pena de muerte. Ahora mismo no podemos dar mucha información
por cuestiones de seguridad, pero podremos hacerlo en unas semanas, cuando
su vida ya no esté en riesgo. Necesita llegar a un país donde esté segura
y pueda pedir asilo político.
Por eso, es urgente conseguir el dinero para cubrir los gastos del viaje.
Cualquier ayuda es bienvenida. El coste aproximado esta alrededor de los
2.000 o 3.000 euros.
Muchas gracias.

 

http://www.youcaring.com/other/aidez-une-femme-trans-fuir-son-pays-pour-survivre-/80665

Evacuation (2eme partie).

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(les gens qui me connaissent, savent que l’image d’un oeil est l’illustration pour moi d’une peur incontrôlable).

 

J’ai essayé jusqu’a 16h42 de tenir, en ne pensant pas trop.

J’avais déjà l’envie d’alcool mais en sourdine, comme tout ce que je ressentais et que j’essayais d’éteindre.

Je me suis précipité vers le bus à l’heure de partir, en pensant que c’était assez pour une journée, 5 ou 6 de mes collègues sont montés dans le même bus, il était bondé.

Les contrôleurs sont montés à l’arrêt suivant, je n’avais pas de ticket.

Donc quand on a pas de ticket, on reçoit une amende, bien sûr pour cela il faut une pièce d’identité. Hors il se trouve que ma carte d’identité à mon nouvel état civil est actuellement en attente (d’habitude il faut 1 mois maxi, mais là y’a un bug, je vais peut être attendre le double) et je n’ai pas sur moi mon permis de conduire, de toute façon vu la photo de 96 et le prénom, je suis pas sûr de l’effet produit.

Bref mes collègues se font alignés aussi, ils sont autour de moi et la pression monte.

Je dis au contrôleur que je n’ai pas de pièce d’identité et il me prend de haut. Il me demande super fort une pièce quelconque. Pris dans une panique irréfléchie, j’esquisse le geste de sortir mon portefeuille de mon blouson, mais je me souviens à temps que toutes mes cartes sont à mon ancien état civil.

Je dis : »à temps » parce que d’expérience, quand on sort une attest qui ne correspond  pas bien à ce que les gens attendent y’a toujours une réaction qui, même si elle est bonne, n’est jamais très discrète (ou rarement).

Là, le contrôleur me demande une preuve de ma domiciliation qu’elle quelle soit et c’est juste impossible pour moi de sortir les papiers au féminin que j’ai sur moi. Je regarde du coin de l’oeil mes collègues et je commence à avoir des sueurs froides, je panique complètement. Je lui dis à voix basse que si nous sortons de suite je lui expliquerais tout. Il refuse et hurle a son collègue de l’autre côté du bus que je pause problème et que je suis dans un refus mystérieux de fournir une preuve de mon identité.

Je panique complétement avec les  tremblements et tous les symptômes visibles et imaginables qu’on puisse avoir, j’essaye de tenir a distance les larmes.

Finalement le deuxième contrôleur accepte de descendre et d’écouter à distance des autres pourquoi c’est  compliqué comme situation.

A l’heure actuelle, j’ai bien eu une amende, mais je ne sais pas exactement ce qu’on entendu mes collègues.

j’ai juste le goût amer de la trouille que j’ai ressenti, la trouille du placard, la trouille qui te fait te demander si ça vaut la peine de continuer.

Evacuation (1ere partie).

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Ca fait un moment que j’ai pas écrit et quelquefois je me fais l’effet de ne venir que pour déverser le trop plein d’angoisse .

En même temps , ce blog est avant tout centré sur ma transition et je n’avais rien de bien neuf à raconter. Je pourrais aussi, et pour une fois, faire un article hyper positif sur les gens adorables , qui , dans les différentes administrations , ont été juste parfaits (et oui y’en a pas mal, en tout cas ici ) mais je me bats encore avec l’idée de pas porter aux nues les restes d’une simple humanité. Ce que je veux dire c’est que ça ne devrait pas être incroyable de ne pas être transphobe ou homophobe ou juste d’être compréhensif, mais je ne sais pas, en ce moment j’ai presque envie de les embrasser, les gens moins cons que la moyenne.

Bref , la prochaine fois , si je me sens d’humeur bisounours ou que j’ai pris du migralgine avec de l’alcool, je ferais un article sur ces comportements qui font du bien, à titre d’exemple de comment ça devrait être, mais aussi pour éviter de vous foutre le moral à Z.

 

Revenons à ma journée.

Donc je vais à ma formation ce matin.

Assez bizarrement, depuis quelques mois que j’y suis, le débat autour du mariage homo avait l’air de complètement leur passer à côté, à mes collègues.

J’en étais venu a me dire que ça pourrait être supportable, j’avais mis en place mes stratégies journalières, pour  écouter le moins possible raconter leur conneries sexistes et homophobes, pour m’aménager des pauses dans la journée, pour me rapprocher des plus vieux. Ne subissant plus (je ne sais pas trop pourquoi) les vieilles vannes homophobes directes d’un de mes collègue, je commençais à me dire que c’était faisable.

Ce matin, J. décide de donner son avis sur le mariage homo (alors que personne ne lui demande, évidemment).

–  » Alors moi je comprend pas que cette loi soit passée alors que tous les gens que je connais sont contre. De toute façon je m’en fous, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, qu’ils se marient si ils veulent du moment qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des enfants! Parce que quand même c’est bien dégeulasse. Imagine, les enfants qui les voient s’embrasser… »

Et là, c’est parti pendant facile une heure, ou presque, tous mes collègues ont exprimé ce qu’ils feraient à deux homo qui s’embrasseraient devant leurs enfants.

Et c’est parti… de comment leur péter les genoux pour qu’ils ne  puissent plus se tenir debout mais que ça serait encore trop facile pour sucer, à l’utilisation d’un tournevis dans l’anus jusqu’à la clé à molette pour tordre les couilles, ça a été un festival de rigolade pour eux, parce que OUI, ils étaient fiers d’avoir de bonnes idées.

Nous sommes 10 dans ma section, 2 n’étaient pas là, 7 se marraient.

Et j’enregistrais dans ma tête, même si je ne voulais pas.

On est passé en mode concentré pour réaliser un schéma. Les lignes devenaient troubles, j’avais la nausée. Je suis rentré chez moi, je n’ai pas pu manger.

J’y suis retourné l’après-midi, je me suis enfermé mentalement dans ma cabine, j’ai avancé lentement dans mon travail, en prenant soin de ne parler à personne.