Être un trop « gentil trans » dans une relation

Témoignage paru dans le numéro 12 de TransKind, p.42  https://transkind.wordpress.com/2015/10/25/transkind-n-12/

micro paillette

         Quand j’ai commencé ma transition, à 30 ans, c’est-à-dire quand j’ai commencé à concevoir et à accepter le fait que je sois trans, j’étais dans une relation plutôt intense, on va dire, pour faire simple.

Depuis mon adolescence, je n’avais jamais vraiment été célibataire pendant plus de 3 mois et j’avais vraiment l’habitude de faire passer l’autre avant moi, ce qui se finissait toujours assez mal, évidemment (à une ou deux exceptions près). J’avais la tête farcie de films et de roman d’amour où la force des sentiments s’évaluait au degré de sacrifice et d’abnégation.

Je venais d’emménager à Paris quelques années auparavant et j’avais la chance d’être très entouré à cette époque, nous étions un petit groupe de butchs et de trans en début de transition et nous passions beaucoup de temps ensemble, à militer, à boire, à faire la fête, à baiser, à refaire le monde quoi.

J’étais vraiment exalté par cet univers que j’apprenais à connaître, je découvrais l’activisme trans/pédé/gouine, le milieu “Queer Paillettes” parisien, le féminisme, le bdsm, et tout ça tout en gardant un travail à temps complet en banlieue qui me demandait beaucoup d’investissement et qui me remuait.

C’est dans ce contexte que j’ai rencontré P.

Elle faisait partie de ce petit groupe de fems qui écrivait, réalisait, jouait, performait en faveur d’un féminisme sex-positif et bénéficiait d’une certaine notoriété pour cela.
Je ne vais pas mentir, c’était terriblement agréable pour mon ego à un moment où
chaque miette d’une reconnaissance quelconque me semblait bénéfique.
Je ne vais pas revenir en détail sur cette relation ici, parce qu’elle a été un peu trop dou-
loureuse, à base d’humiliations et de manipulations diverses.

Bref.

Mais je crois que c’est important d’essayer de mettre des mots maintenant sur les consé-
quences de ce que je considère, avec recul, comme étant un des effets de la transphobie
intériorisée.

P. était très clairement attirée, sexuellement aussi, par une certaine forme de masculinité, y compris chez les gouines.
Ce qui me convenait parfaitement au début : étant moi même en questionnement sur mon identité et mon expression de genre, j’éprouvais du plaisir à correspondre à ces standards. J’étais heureux qu’elle soutienne ma transition, à tel point qu’elle me tienne la main lors de ma première injection de testostérone, qu’elle ne se trompe pas en me genrant, qu’elle accepte mon prénom choisi bien qu’elle ne l’aime pas. J’étais fier comme un paon qu’elle écrive sur moi, qu’elle joue des scènes porno avec moi, et plus que tout j’étais infiniment reconnaissant qu’elle continue d’être avec moi. Je ne voyais pas le problème dans le fait qu’elle raconte à ma place et sans moi notre relation de façon publique puisque « le privé c’est politique » , qu’ elle porte haut le drapeau de la cause trans dans les médias, qu’elle parle du fait qu’elle sorte avec un trans à ses collègues parce que attention il ne faudrait pas qu’ils la croient hétéro et que bon « les bi ça n’existe pas en terme d’oppression spécifique » .

Je ne remettais rien en cause parce que je me sentais validé voir même reconnu
en tant que trans, même si je n’arrivais pas à l’exprimer comme ça à ce moment, et
que c’était ce dont j’avais besoin, quitte à être exotisé et à coller à ce qu’on attendait de
moi. C’est ce sentiment qui m’a fait sombrer dans une dépendance affective merdique
où apprendre à dire non ou poser mes limites n’étaient clairement pas à l’ordre du
jour et ne pouvaient pas l’être et ça, dans tous les aspects de notre relation, y compris
sexuellement.
Le pire c’est que je n’avais aucun recul pour analyser ce qu’il se passait et j’ai mis beau-
coup de temps après la fin de notre relation pour comprendre ce mécanisme.
Tout ça a pris énormément de place aussi et je regrette maintenant de ne pas m’être
accordé assez de temps pour apprécier et célébrer tous les changements physiques apportés par la testo la première année.

J’avais une pauvre estime de moi et je travaille toujours dessus. Je veux dire, c’est tou-
jours très difficile de savoir précisément pourquoi, quelle est la partie en rapport avec
le fait que je sois trans, je comprends maintenant des choses qui peuvent paraître inextricablement entrelacées avec d’autres éléments de ma vie mais qui aboutissent à ce
même ressenti, celui d’être nié ou d’être une quantité tellement négligeable et d’accumuler les conduites à risques qu’elle en est insignifiante.
Et c’est là que je parle de transphobie intériorisée.

Car si on intègre profondément, qu’on rentre bien au fond de nous les messages que nous envoient, une bonne partie de notre vie et de manière plus ou moins directe, nos parents, notre famille, nos amis et la société en général, on en vient vite à penser que ce que l’on ressent n’est pas légitime, que ce que l’on est n’est pas légitime, et que finalement nous ne méritons pas vraiment d’ être heureux.
À partir de là, c’est facile de s’autodétruire, et d’accumuler les conduites à risques y
compris sexuellement et/ou affectivement, c’est facile d’accepter ou de relativiser la
transphobie, l’exotisation, le voyeurisme, les blagues douteuses et le rejet sans plus
longtemps essayer de se battre et en cherchant perpétuellement des miettes de recon-
naissance auprès de personnes qui ne le méritent pas.

    Maintenant, je pense que réaliser tout ça et ses conséquences me prend du temps, que je n’ai pas fini d’y réfléchir, que ça fait partie de ma transition, et que c’est pour ça que
j’estime qu’elle n’est pas terminée et qu’elle ne le sera peut-être jamais.

En attendant, je ne supplierai plus pour qu’on veuille de moi ou qu’on me traite avec
respect, je ne relativiserai plus le fait qu’on dépasse les limites que j’ai fixées, je ne
féliciterai pas, ni ne remercierai les personnes qui me valident, je n’ai besoin que de
moi-même pour ça.

From « Facing Mirrors » to « Une femme iranienne », a case of transmasculine erasure in LGBT cinema

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Facing Mirrors (Aynehaye Rooberoo, 2011) is a very beautiful Iranian movie made by female director Negar Azarbayjani. Set in contemporary Iran, it tells the story of a « traditional » mother and wife who finds herself becoming a taxi driver to pay off the debt that sent her husband to prison, and becoming friends with Eddie, a trans boy desperately waiting for his passport allowing him to leave Iran.

Facing Mirrors toured in several LGBT French film festivals, winning in 2012 the Grand Prix of the Chéries-Chéris festival, and is being distributed by a non-profit organization called « The Film Colleborative ».

Which is how I came to see this film, in 2013 at the Face à Face festival in Saint-Étienne (France).

During the movie, I was taken aback several times with pronouns and gendering problems in the French subtitles. I was really looking forward to watch this movie but when it ended I remember thinking that these mistakes kind of ruined it for me.

So I decided to enquire about how these subtitles were made in the first place. I learned that a film festival from Provence hired a (non-LGBT) translation firm to do the job. So, after being given the translator’s e-mail address, I wrote to her in a very diplomatic fashion (yes, I do know how to be diplomatic at times) to tell her that given the context of the movie translating an English neutral form into a French feminine does not really work. E.g. when Eddie tells Rana « I’m a transsexual » (which is an important moment in the movie), it’s just simply not appropriate for the subtitles to read « Je suis une transsexuelle » (« I am a transsexual woman »).

As I expected, the translator didn’t receive my remarks very well, meaning that she politely but coldly disregarded them (after all, who was I to complain about her work?).

(page 8/17 : http://www.thefilmcollaborative.org/_dialoguelists/FACINGMIRRORS_Dialogue_List_42012.pdf)

I was a bit irritated, though not surprised – given that she was not an LGBT person and obviously didn’t bother to do research before doing her job. After all, that’s what most journalists do – or rather, don’t do- when they write about trans folks.

Nobody seems to have thought about this question within LGBT+ festivals. It’s a wonder that we are still surprised by this lack of concern from LGB« T » festivals who manage to get confused between MtF and FtM in their programs.

http://lgbt.zefestival.fr/index.php/festival-2015/festival-2013/long-metrages/item/facing-mirrors

I’m still upset about this. This is a good movie and the translation job not only warps the very meaning of it but also renders its main theme invisible, for reasons that are unfathomable to me.

The movie will be released nationally in France on May 13th, distributed by Outplay, said by the Écrans Mixtes festival (Lyon) on the 9th of March, 2015.

http://festival-em.org/avant-premi%C3%A8res-et-in%C3%A9dits/une-femme-iranienne/

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But here’s the thing, though. The movie title was changed to « An iranian woman ».

Why ? Nobody knows. I tried asking Outplay (I was not super-nice while doing it, but I didn’t insult them either) through their Facebook page, their website, and ultimately by contacting Thibault Fougères, the head of the organization. He is also the co-founder and programmer for the Marais Film Festival, hardly an LGBT festival at that, but rather a neighborhood film festival, see http://yagg.com/2014/09/10/le-marais-film-festival-un-nouveau-rendez-vous-parisien-pour-le-cinema-lgbt/ )

About a week ago I finally got an answer back, saying that he didn’t have time, because he was on going to the cinema. (I hope he got out of there though, ’cause it’s not really healthy to eat only popcorn for a week, but whatever.)

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I also have some questions about Outplay. How is it that a distributor, which broadcasts such excellent movies as Something Must Break, still has their website categorized into « for boys » and « for girls » ? Talk about binary. Sometimes I wonder if the directors are aware of this or had been asked beforehand, but who really knows. Maybe I’m a cinema extremist.

BUT WHY IS IT SO IMPORTANT ?

I’ll now try to explain some things that seem quite obvious to me (although I am, as you can probably tell, quite irritated about it).

Changing the title from Facing Mirrors, a rather good translation from the original Iranian title, to An Iranian Woman, completely erases the trans masculine character in the movie. One can wonder if the Iranian Woman in the title is actually meant to be Rana (or at least that is my hope so), but focusing the movie on her character cuts Eddie out of the story, as if he means nothing. That would not correspond with the main theme of the movie, which in fact is not Rana’s life itself, but the bonds and friendship which develops between the two characters and their shared journey, brilliatntly reflected by the original title.

Trans erasure is what’s happening here, and it is happening in the same way that transmaculine folks (Ft*, FtM) are usually discriminated against. Every day, we receive the message that we are a disposable identity, or that we do not exist at all, from our surroundings, from our loved ones, the media, the doctors, the administration, representatives, cis gays and lesbians. This might appear only as « small mistakes » in the eyes of others; mistakes about our names, our pronouns, vocabulary mistakes, stuff that gets forgotten or left out. But the truth is that erasure kills. That message is of the kind that gets under our skin day after day. It’s the kind of message that gets inside a trans child or adult to tell them that their identity will never be validated as important by others, that they must be crazy, that they must stop being who they are in this society or even in this life.

There are very few movies with transmasculine people as main characters. Boys Don’t Cry still gets classified as a lesbian movie on some LGBT websites, and I have a feeling that we are the only ones getting upset about it. I think it’s time to get harder on this, to stop being nice, and to get deeper into the « details » that pile up and make our lives a lot more diffivult. We need cis gays, lesbians and bi people to take the responsibility they have towards us if they want to continue to wear the « LGBT » label with pride.

Ça fait 5 ans maintenant

Témoignage paru dans le TransKind N°7

http://transkind.wordpress.com/2014/04/05/transkind-n7/

 

 

J’ai 35 ans et je ne suis pas proche de mes parents.

 

Aucun rapport avec ma transition, simplement, je ne me sens pas « intime » avec eux, je ne pense pas qu’ils me connaissent vraiment.

 

Je ne sais pas d’où ça vient exactement, j’ai très peu de souvenirs avant mes onze ans, mais à l’adolescence, la distance est devenue un mur parce qu’il n’y avait pas la place pour que je leur parle de moi et depuis il n’y en a toujours pas.

 

Mes grand-parents sont morts, je n’ai plus de contact avec mes oncles et tantes depuis, je ne connais pas vraiment très bien mes frères et ma sœur issus d’un autre mariage de ma mère, puisque je n’ai pas vraiment grandi avec eux et qu’ils sont partis (je suis le plus jeune).

 

C’est toujours bizarre pour moi quand on me pose des questions sur ma famille par rapport au fait que je sois trans.

Je ne me sens pas de me plaindre vraiment parce qu’ils ne m’ont pas exclus comme tant d’autres trans que je connais, ils n’ont rien dit de vraiment horrible, n’ont pas posé de questions gênantes, d’ailleurs ils n’ont pas posé de questions du tout.

 

Dans les faits, mes parents assurent une sorte de service minimum d’après moi.

Par conséquence je ne trouve aucune raison de rompre le contact, mais je trouve que notre relation n’évolue tellement pas qu’elle est juste pesante.

 

 

A 20 ans j’ai dit à mes parents que je préférais les filles (en tant que fille), je le savais déjà depuis mes 16, ça s’est pas trop mal passé, ma mère a pleuré en mode « qu’est-ce que j’ai fait ? » et mon père a changé de sujet. Mais après ils ont accepté mes petites amies (surtout si elles n’étaient pas trop masculines…)

 

A 30 ans, j’habitais à Paris, mes parents toujours à Tours.

J’ ai voulu faire mon coming out en tant que trans, et puis je me suis dégonflé, j’ai complètement flippé, j’ai eu un peu une réaction étrange et à la place je leur ai dit que j’avais joué dans un porno (ouais je sais… en même temps c’était vrai hein), mon père m’a demandé si j’avais été payé (pragmatique jusqu’au bout) et ma mère a eu un silence (avec un regard un peu choqué tout de même).

 

Finalement je leur ai dit en septembre de cette année-là, je prenais de la testo depuis mars, je me bindais depuis 2 ans. J’ai pas voulu porter leurs angoisses ou leurs interrogations parce que j’avais décidé que je n’avais pas besoin de ça à ce moment là et que je n’avais pas à répondre à leurs doutes ou leurs possibles espoirs déçus.

 

Je leur ai donc dis par mail. J’ai essayé de choisir des mots simples mais qui me correspondaient, sans passer par « je suis un garçon… né dans le mauvais corps… » vu que ce n’est pas ce qui m’allait, sans passer non plus par une explication des multiples identités vu que je ne pense pas que c’était (ou c’est encore) à leur portée.

 

Ça donnait un peu ça :

 

« Je suis en pleine transition. C’est a dire que j évolue vers un genre masculin plus apparent.
Je suis suivi par une thérapeute et un endocrinologue qui s’occupent très bien de moi et me
font suivre un traitement a base d hormones ( testosterone).
Ce qui explique les changements physiques que vous pourrez constater.
Pour mettre des mots sur cette brève explication : je suis trans’ . »

 

Il n’a pas eu de réaction négative, il n’ y a pas eu de questions non plus.

J’ai commencé à leur demander de m’appeler par mon prénom choisis peu de temps après.

 

 

Ca fait 5 ans maintenant.

Et rien n’a vraiment changé. Je m’interroge souvent sur le fait que je vive à distance n’aide pas et comment je pourrais leur faire comprendre, mais je leur en veux aussi de ne pas faire plus d’effort pour se renseigner.

Je leur ai demandé un témoignage pour mon changement d’état civil, et ne les ai pas orienté pour savoir ou ils en étaient, ils utilisent dedans mon prénom féminin mal accordé avec des adjectifs masculins qui ressemblent plus a des lapsus qu’ a une volonté de leur part.

 

Je vais une ou deux fois maximum par an chez mes parents, et rarement plus de 4 heures, parce que je trouve ça assez insupportable.

 

J’ai beaucoup changé physiquement, j’ai de la barbe maintenant, j’ai obtenu mon changement d’état civil il y a 1 an.

Mais rien ne change, quelquefois je trouve que c’est même pire.

Les efforts un peu ratés, mais bien soulignés, de ma mère pour m’appeler par mon prénom choisis, qui me paraissaient au début un bon signe, sont maintenant pour moi vraiment problématiques.

 

Après 5 ans elle se trompe toujours à peu près une fois sur deux, mon père déploît des efforts intenses pour ne pas me genrer du tout mais il se loupe souvent.

 

J’ai beaucoup de mal à les reprendre, et la dernière fois que je l’ai fait, ma mère a ri en mode « ohh c’est bon, hein, y’a pas mort d’homme… »

 

 

Je les ai, par hasard, entendu parler de moi, en dehors de ma présence, et le féminin est totale, donc j’ai très peu d’espoir que ça s’améliore.

 

Et enfin bien sûr, ils me croient hétéro, il me semble qu’il me reste un coming out à faire ( probablement noël prochain).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aidez une femme trans à fuir son pays pour survivre

English version below / Deutsch weiter unten / Español abajo

Nous sommes actuellement à la recherche de soutien financier pour une femme trans qui tente de quitter son pays suite à des persécutions transphobes. Un traitement d’hormones mâles et des électrochocs lui ont été administrés de force par sa famille, elle a été harcelée sexuellement et frappée par des personnes qui connaissaient son identité. Elle est actuellement menacée d’être renvoyée dans son pays où elle risque la prison ou la peine de mort.
Nous ne pouvons en dire plus pour des raisons de sécurité. Nous pourrons donner davantage d’informations dans les semaines à venir lorsque la vie de la jeune femme ne sera plus en danger. Elle essaye en ce moment de rejoindre un pays où elle obtiendra l’asile politique et sera en sécurité.
Pour cela, nous avons besoin urgemment de lever des fonds pour couvrir les dépenses nécessaires à la fuite de cette jeune femme. Le moindre don sera utile. Les besoins s’élèvent environ à 2000€ ou 3000€.

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ENGLISH

We are currently looking for financial help for a trans woman trying to flee her country because of transphobic persecution. A male hormones treatment was forced upon her by her familly, she was sexually harassed and hit by people who knew about her identity. She is right now threatened to be sent back to her country where she risks a prison or death penalty.
We currently can’t say much more for safety reasons, but we will be able to do so in a few weeks when her life will no longer be endangered. She is trying to reach a country where she can be safe and get political asylum.
For this, we have the most urgent need of fundraisin to cover the necessary expenses for this young woman’s flight. Every penny counts. The approximated cost is around €2000 and € 3000.

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DEUTSCH

Wir sind eine Gruppe von Einzelpersonen, bestehend aus /weißen/ und POC aus verschiedenen Ländern, die sich als Bündnis solidarisch zeigen wollen.

Wir sind auf der Suche nach finanzieller Unterstützung für eine Trans*Frau, die ihr Land wegen transphober Verfolgung dringend verlassen muss. Eine Zwangsbehandlung mit männlichen Hormonen wurde bei ihr durchgeführt, sie wurde sexuell missbraucht und von Menschen geschlagen, die von ihr wussten. Im Augenblick ist sie der Gefahr ausgesetzt, in ihr Land zurück geschickt zu werden, wo sie im Gefängnis landen und/oder höchstwahrscheinlich zum Tode verurteilt werden würde. Momentan können wir aus Sicherheitsgründen keine weiteren Details erzählen, aber sobald ihr Leben nicht mehr gefährdet ist, werden wir genauer darüber berichten. Nun versucht sie, in ein Land zu flüchten, wo sie in Sicherheit leben und politisches Asyl erhalten kann.

Dafür brauchen wir dringend Geld, um die Kosten, die während der Flucht entstehen, zu decken. Jeder Cent zählt. Die Kosten werden sich voraussichtlich auf € 2000 bis € 3000 belaufen. 

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ESPAÑOL

En estos momentos estamos buscando ayuda económica para una mujer trans
que está intentando dejar su país donde sufre una persecución tránsfoba.
Su familia la forzó a tomar hormonas masculinas, y gente que sabía de su
identidad la acosó sexualmente y golpeó. Ahora se enfrenta a la amenaza de
ser enviada de vuelta a su país, donde se arriesga a ir a prisión o ser
condenada a pena de muerte. Ahora mismo no podemos dar mucha información
por cuestiones de seguridad, pero podremos hacerlo en unas semanas, cuando
su vida ya no esté en riesgo. Necesita llegar a un país donde esté segura
y pueda pedir asilo político.
Por eso, es urgente conseguir el dinero para cubrir los gastos del viaje.
Cualquier ayuda es bienvenida. El coste aproximado esta alrededor de los
2.000 o 3.000 euros.
Muchas gracias.

 

http://www.youcaring.com/other/aidez-une-femme-trans-fuir-son-pays-pour-survivre-/80665

Evacuation (2eme partie).

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(les gens qui me connaissent, savent que l’image d’un oeil est l’illustration pour moi d’une peur incontrôlable).

 

J’ai essayé jusqu’a 16h42 de tenir, en ne pensant pas trop.

J’avais déjà l’envie d’alcool mais en sourdine, comme tout ce que je ressentais et que j’essayais d’éteindre.

Je me suis précipité vers le bus à l’heure de partir, en pensant que c’était assez pour une journée, 5 ou 6 de mes collègues sont montés dans le même bus, il était bondé.

Les contrôleurs sont montés à l’arrêt suivant, je n’avais pas de ticket.

Donc quand on a pas de ticket, on reçoit une amende, bien sûr pour cela il faut une pièce d’identité. Hors il se trouve que ma carte d’identité à mon nouvel état civil est actuellement en attente (d’habitude il faut 1 mois maxi, mais là y’a un bug, je vais peut être attendre le double) et je n’ai pas sur moi mon permis de conduire, de toute façon vu la photo de 96 et le prénom, je suis pas sûr de l’effet produit.

Bref mes collègues se font alignés aussi, ils sont autour de moi et la pression monte.

Je dis au contrôleur que je n’ai pas de pièce d’identité et il me prend de haut. Il me demande super fort une pièce quelconque. Pris dans une panique irréfléchie, j’esquisse le geste de sortir mon portefeuille de mon blouson, mais je me souviens à temps que toutes mes cartes sont à mon ancien état civil.

Je dis : »à temps » parce que d’expérience, quand on sort une attest qui ne correspond  pas bien à ce que les gens attendent y’a toujours une réaction qui, même si elle est bonne, n’est jamais très discrète (ou rarement).

Là, le contrôleur me demande une preuve de ma domiciliation qu’elle quelle soit et c’est juste impossible pour moi de sortir les papiers au féminin que j’ai sur moi. Je regarde du coin de l’oeil mes collègues et je commence à avoir des sueurs froides, je panique complètement. Je lui dis à voix basse que si nous sortons de suite je lui expliquerais tout. Il refuse et hurle a son collègue de l’autre côté du bus que je pause problème et que je suis dans un refus mystérieux de fournir une preuve de mon identité.

Je panique complétement avec les  tremblements et tous les symptômes visibles et imaginables qu’on puisse avoir, j’essaye de tenir a distance les larmes.

Finalement le deuxième contrôleur accepte de descendre et d’écouter à distance des autres pourquoi c’est  compliqué comme situation.

A l’heure actuelle, j’ai bien eu une amende, mais je ne sais pas exactement ce qu’on entendu mes collègues.

j’ai juste le goût amer de la trouille que j’ai ressenti, la trouille du placard, la trouille qui te fait te demander si ça vaut la peine de continuer.

Evacuation (1ere partie).

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Ca fait un moment que j’ai pas écrit et quelquefois je me fais l’effet de ne venir que pour déverser le trop plein d’angoisse .

En même temps , ce blog est avant tout centré sur ma transition et je n’avais rien de bien neuf à raconter. Je pourrais aussi, et pour une fois, faire un article hyper positif sur les gens adorables , qui , dans les différentes administrations , ont été juste parfaits (et oui y’en a pas mal, en tout cas ici ) mais je me bats encore avec l’idée de pas porter aux nues les restes d’une simple humanité. Ce que je veux dire c’est que ça ne devrait pas être incroyable de ne pas être transphobe ou homophobe ou juste d’être compréhensif, mais je ne sais pas, en ce moment j’ai presque envie de les embrasser, les gens moins cons que la moyenne.

Bref , la prochaine fois , si je me sens d’humeur bisounours ou que j’ai pris du migralgine avec de l’alcool, je ferais un article sur ces comportements qui font du bien, à titre d’exemple de comment ça devrait être, mais aussi pour éviter de vous foutre le moral à Z.

 

Revenons à ma journée.

Donc je vais à ma formation ce matin.

Assez bizarrement, depuis quelques mois que j’y suis, le débat autour du mariage homo avait l’air de complètement leur passer à côté, à mes collègues.

J’en étais venu a me dire que ça pourrait être supportable, j’avais mis en place mes stratégies journalières, pour  écouter le moins possible raconter leur conneries sexistes et homophobes, pour m’aménager des pauses dans la journée, pour me rapprocher des plus vieux. Ne subissant plus (je ne sais pas trop pourquoi) les vieilles vannes homophobes directes d’un de mes collègue, je commençais à me dire que c’était faisable.

Ce matin, J. décide de donner son avis sur le mariage homo (alors que personne ne lui demande, évidemment).

–  » Alors moi je comprend pas que cette loi soit passée alors que tous les gens que je connais sont contre. De toute façon je m’en fous, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, qu’ils se marient si ils veulent du moment qu’ils n’ont pas le droit d’avoir des enfants! Parce que quand même c’est bien dégeulasse. Imagine, les enfants qui les voient s’embrasser… »

Et là, c’est parti pendant facile une heure, ou presque, tous mes collègues ont exprimé ce qu’ils feraient à deux homo qui s’embrasseraient devant leurs enfants.

Et c’est parti… de comment leur péter les genoux pour qu’ils ne  puissent plus se tenir debout mais que ça serait encore trop facile pour sucer, à l’utilisation d’un tournevis dans l’anus jusqu’à la clé à molette pour tordre les couilles, ça a été un festival de rigolade pour eux, parce que OUI, ils étaient fiers d’avoir de bonnes idées.

Nous sommes 10 dans ma section, 2 n’étaient pas là, 7 se marraient.

Et j’enregistrais dans ma tête, même si je ne voulais pas.

On est passé en mode concentré pour réaliser un schéma. Les lignes devenaient troubles, j’avais la nausée. Je suis rentré chez moi, je n’ai pas pu manger.

J’y suis retourné l’après-midi, je me suis enfermé mentalement dans ma cabine, j’ai avancé lentement dans mon travail, en prenant soin de ne parler à personne.